Vis ma vie de consultante mode
Entre un coin de table basse et un sofa Starbucks, rencontre avec Virginie Benarroch, consultante mode freelance depuis plus d'un an.

- Parlez-nous un peu de votre parcours étudiant et professionnel avant d'adopter votre statut de freelance.
Entourée et épaulée par ma mère, styliste, et mon grand-père, directeur d'une usine textile, je me suis naturellement dirigée vers l'école ESMOD, où j'ai donc passé 3 ans, dont une dernière année spécialisée dans la communication (toujours appliquée à la mode).
J'ai ainsi eu l'occasion de commencer à établir mon réseau rapidement et ai débuté en tant qu'assistante styliste à la télévision lors des différents stages professionnels. Malgré des expériences plutôt "décalées" comme mon travail pour une émission de télé-réalité, où j'étais en charge du choix des maillots de bain et plus généralement du look des tentateurs, l'univers de ce média de masse m'a rapidement étouffée et j'ai préféré me tourner vers la presse magazine, d'abord très indépendante, avec un stage de fin d'études décisif chez le titre Stiletto.
Je suis ainsi devenue au fil de l'eau responsable des séries accessoires et beauté au sein de ce magazine pointu, profitant des avantages d'évolution d'une petite structure. Mais, après 4 ans, la crise économique a eu raison de ce titre plutôt confidentiel et j'ai du quitter ce premier job que j'aimais tant.

Shooting pour STILETTO // Christophe Meimoon
Heureusement un heureux contact chez l'Express Styles me permet d'accéder à ma première mission en tant que freelance: l'élaboration des pages "tentations" ainsi que divers portfolio.

Page Tentation L'EXPRESS STYLES
- Quelles sont vos missions actuelles en tant que consultante mode freelance ?
En plus des mes piges pour l'Express Styles, je travaille également avec le magazines Femmes et ponctuellement pour Marie-Claire, notamment pour leurs pages joaillerie (ci-dessous avec le photographe Thomas Paquet) ou pour des séries limitées, comme un shooting spécial "je porte du Chanel" avec Anna Mouglalis et sous la direction de Kate Berry.

Shooting pour FEMMES // Thomas Paquet

Shooting pour MARIE CLAIRE // Kate Berry
J'ai aussi collaboré avec le titre Amusment pour un shooting spécial Helena Noguerra.

Shooting pour AMUSMENT // Helena Noguerra
Je m'occupe également de la direction artistique de Gat Rimon pour qui je réalise des lookbook et des catalogues.

Triptyque pour GAT RIMON
- A quoi ressemble une de vos journées "type" ?
Dès 9h j'attaque ma tournée des bureaux de presse pour faire ma sélection de produits, mon scooter est ainsi mon meilleur allié pour commencer la journée. Je récupère aussi des lookbook pour m'inspirer et proposer des thèmes à la direction de la rédaction des différents titres avec lesquels je travaille. Viennent ensuite les demandes d'envois pour les séances photos, parfois très complexes, surtout lorsqu'il s'agit de shooter des bijoux de plusieurs millions d'euros... La surveillance et la vigilance sont alors de tous les instants !
L'après-midi est souvent consacrée aux séances photos où j'enfile mon costume de chef d'orchestre, essayant de mettre tout le monde d'accord sur la mélodie du résultat : photographe, modèle, maquilleuse et coiffeur. Ce travail d'équipe, parfois ardu, est aussi extrêmement stimulant et enrichissant.
Le soir je suis devenue une vraie "working girl by night" ! Je ne surprends même plus mes collègues avec des mails de compte-rendu ou de simples idées à partager aux alentours de 2h du matin, je suis en plus toujours là pour leur en parler au café dès le lendemain matin ! Insomniaque ou mono-maniaque du boulot ? Tant que j'aime ça, je fonce. Si le vent tourne, j'aviserai.
- Comment restez-vous sans cesse créative pour imaginer de nouveaux sujets ? Quelles sont vos sources d'inspirations au quotidien ?
Ma Bible : Net-à-porter.com ! Je me suis lassée des magazines féminins, un peu trop devenus "Comment porter le short de Rihanna ?" à mon goût !
Le seul titre que j'achète est le Vogue français car il reste une référence. J'aime parcourir quelques blogs comme celui de Garance Doré ou Géraldine Dormoy mais mes favoris restent les blogs from U.S, notamment "Studded Hearts" ou "Hellis Fashion Scans".
- Quels sont vos "spots" shopping ? Où aimez-vous flâner pour shopper ?
J'aime flâner là où je me retrouve par la force des choses... Et comme je suis toujours en vadrouille aux 4 coins de Paris et sa proche banlieue, les occasions ne manquent pas !
La seule boutique pour laquelle je me déplace expressément, c'est "Chez Yaya", rue Montmartre. J'y retrouve toujours une sélection pointue : des robes vintage en dentelle, des derbies pailletés, des chapeaux colorés...

Boutique "Chez Yaya"
- Quelles sont vos marques préférées ?
COS, Isabel Marant, Chanel, Proenza Schouler, Gat Rimon, American Vintage...
Un grand merci à Virginie pour sa disponibilité et sa fraîcheur.
BabyModeuse pour Bazarchic Mag
http://www.babymodeuse.com
Vis ma vie chez Kenzo
Au coeur du quartier financier de la Bourse, rue Vivienne au sein des ateliers, rencontre avec Antoine Debonnet, assistant coordinateur de collection chez Kenzo depuis maintenant 4 ans.
- Parlez nous de votre cursus scolaire et de vos expériences professionnelles avant de rejoindre la maison Kenzo ?
L'univers de la mode m'attire depuis tout petit déjà, mais faute d'idée précise, j'ai tout d'abord commencé mon cursus par un IUT de Gestion. Des débuts chaotiques et sans passion pour finalement rejoindre Esmod en 1999 pour 3 années d'études de stylisme et modélisme. Grâce à des bases techniques apprisent rapidement et un goût prononcé pour le prêt-à-porter féminin de luxe, j'ai pu dès le départ faire mes marques grâce à des stages, notamment chez Marcel Marongiu (aujourd'hui Directeur Artistique chez Guy Laroche) ou encore chez Paco Rabanne.
Pour clôturer ce parcours étudiant, j'ai réalisé un stage de fin d'études chez Céline en tant qu'assistant styliste en studio. Une expérience inoubliable qui s'est prolongée pendant plus de 2 ans, un premier travail extraordinairement enrichissant tant professionnellement que personnellement.
Mais suite au départ de Michael Kors à la tête de la maison, notre équipe a été dissoute et j'ai été engagé par la marque Jamin Puech pour y dessiner des lignes de sacs "bijoux" durant un an, avant de rejoindre Kenzo en tant qu'assistant coordinateur de collection, une évolution considérable après mes débuts en tant que styliste.

- Comment organisez-vous votre travail au quotidien ?
Chaque mois nous recevons le Directeur Artistique Kenzo, Mr Antonio Maras, pour qui nous devons préparer des books de collection et des "mood board" (planches de tendances) à partir des croquis réalisés par les stylistes et lui présenter les résultats de nos recherches de matières et fournitures (détails accessoires...) repérées dans les salons professionnels. Je dois ainsi me charger des mises à jour de plans de collection ainsi que du référencement des modèles pour élaborer par la suite des fiches techniques pour chaque pièce. Il faut savoir que l'on peut utiliser jusqu'à 5 types de tissus différents pour une seule et même pièce (une des spécificités de la maison Kenzo) et que cette synthèse est donc primordiale pour la réalisation, puis la production des modèles.
Autre étape indispensable : l'essayage. Une mannequin cabine (taille 36) est dédiée pour ces séances de retouches "in situ" car les matières portées ne ressemblent en rien aux tissus premiers sélectionnés sur papier. Le tombé final d'un produit reste toujours un mystère et c'est ce qui fait encore la magie du croquis aujourd'hui.
- Pourquoi avoir choisi ce métier, quelles sont les qualités indispensables pour y arriver ?
Le métier de coordinateur de collection est un vrai rôle de chef d'orchestre pour jouer l'interface entre les stylistes, les chefs de produits, l'atelier, le développement et le servie commercial. L'organisation personnelle, la rigueur et la disponibilité sont donc des qualités indispensables pour appréhender ce travail dont le revers de la médaille est certainement la pression quotidienne.
- Pourquoi avoir choisi cette marque de luxe plutôt qu'une autre ? Quelle est votre vision de Kenzo aujourd'hui ?
Je rêvais d'intégrer une grande maison de prêt-à-porter de luxe comme Céline après mes débuts en tant que stagiaire. Lorsque l'opportunité chez Kenzo s'est présentée, je n'ai pas hésité. Attiré par cette maison à l'univers fait de métissage et de couleurs, je souhaitais participer au grand retour de l'ADN de la marque aux commandes d'Antonio Maras: mélanges des couleurs et des matières, illustration totale de la culture japonisante et détournement des codes sont aujourd'hui les maîtres mots chez Kenzo.
- Comment vous tenez-vous informé des tendances de mode ?
Je suis un dévoreur de magazines. Comme je reçois tout le panorama de la presse mode et tendances directement au bureau, je peux lire juqu'à 20 titres par mois ! Du Vogue français, en passant par les plus délurés Crash ou WAD, mais aussi par un classique ELLE, je lis à peu près tout ce qui me passe sous les yeux. J'aime également débuter ma journée par la newletter "Fashion Mag", une mine d'informations et d'actualités fraîches.
- Quel est votre pire souvenir depuis vos débuts ? le meilleur ?
Globalement, chaque année, mes pires souvenirs se passent les quelques jours avant le défilé, et mes meilleurs, après ! Le moment le plus émouvant reste le final du show Kenzo, notamment le final de la collection hiver 2008 où les mannequins tournaient autour d'un rideau de pétales de roses qui est tombé répandant les pétales sur tout le catwalk. Un moment qui reste magique et inoubliable pour toute l'équipe du studio.



- Quelles sont vos marques/enseignes favorites ?
Acné, Lanvin, Margiela, Dior, APC, COS et le Bon Marché Homme.
- Quel est votre dilemme fashion ?
Après plus de 4 ans chez Kenzo, je n'arrive toujours pas à en porter !
Un grand merci à Antoine pour son accueil et sa manière de partager sa passion.







